L'homme qui pleure
Pierrot sur la Lune
Pleurant depuis sa dune
Son amie disparue à jamais
Le rêve est terminé
Un horrible cauchemar commence
Le pays d'Avalon se balance
Dans la nuit sombre
Pierrot erre comme une ombre
Pierrot sur la Lune
Le temps passa. Combien de temps ? Nul ne le saura jamais ! Dans ce pays d’Avalon, le temps n’était rien. Il passait, il passait seulement. Rythmé par des périodes lumineuses appelées « jours » et des moments sombres, les « nuits » il ressemblait au temps qui existait de l’autre côté du lac, enfin du miroir. Mais il n’avait jamais la même durée régulière. Plutôt suggéré que senti vraiment, il était aussi improbable que les paysages et les habitants de ce pays. Donc, il arriva un moment où Pierrot revint à lui ou se réveilla. Il ouvrit les yeux, regarda autour de lui, hébété, comme sortant d’un cauchemar affreux. Mais ce n’était pas un mauvais rêve. Tout de suite il ressentit le vide immense laissé par la disparition de Muse. Il y avait une telle détresse dans son regard, un tel désarroi . Près de lui, Hyacinthe et quelques autres personnages bizarres attendaient qu’il ait repris vraiment ses esprits.
Pierrot était sidéré : que cela voulait-il donc dire ? Et Muse, sa Muse, où était-elle donc ? Ce n'était pas possible ! C'était un cauchemar dans le rêve ! Il imaginait déjà le pire : ne plus jamais revoir sa tendre amie ou la revoir sans vie ! Et lui, qu'allait-il devenir ? C'était bien prévu qu'il fasse ce maudit voyage à deux, toujours à deux. Et il était bien seul maintenant. Sa peur se transformait peu à peu en angoisse puis, ce fut la panique !
Bientôt, fatigués, ils se laissèrent tomber sur la mousse tendre qui formait des tapis accueillants à l’ombre des arbres. Le sommeil, rapidement, les saisit et, la main dans la main, le sourire de la félicité sur leurs lèvres, ils s’endormirent. Depuis combien de temps, Pierrot n’aurait pu le dire mais, il fut réveillé par une douce musique lancinante qui l’incita à se lever. Sans bruit pour ne pas réveiller Muse du sommeil dont il s’était assuré, il se dirigea vers un bouquet d’arbustes d’où semblait provenir cette musique. Plus il s’approchait et plus ces sonorités s’éloignaient, devenant de plus en plus envoûtantes, mélanges de voix célestes, de cordes harmonieuses, de basses obsédantes . Pierrot, guidé par ces chants, comme magnétisé, s’éloignait de plus en plus de l’orée du petit bois et s’enfonçait dans une forêt épaisse. Parvenu au milieu d’une haute futaie, tout à coup la musique s’arrêta. Pierrot, surpris, s’avança en hésitant vers l’endroit d’où les derniers sons lui étaient parvenus. Et là, il découvrit un étrange spectacle :devant lui s’étendait une sorte de lac aux eaux pures et vertes et , à quelques mètres du rivage, une dizaine de jeunes femmes à la chevelure étincelante, aux yeux ensorceleurs, interprétaient avec grâce une mélopée dont les sons étaient inconnus de notre Pierrot. Interdit, subjugué par le spectacle et les accords, il ne pouvait bouger. Puis, les créatures au bout d’un moment, plongèrent dans l’eau en riant, laissant les vagues vertes lécher et éclabousser leurs seins nus. Le vent se leva alors, de plus en plus fort recouvrant le lac d’écume blanche. Les feuilles des arbres tombèrent, jonchant le sol d’un tapis mouvant, les branches pliaient dans de terribles bruits et de sinistres craquements ! plus aucune harmonie en quelques brefs instants et la peur saisit Pierrot ! Dos au lac, il courut dans la direction d’où il venait et plus il s’éloignait du lac, plus la tempête s’apaisait. Bientôt, le silence ne fut plus troublé que par le bruit de sa course effrénée et le souffle haletant de sa respiration. Il parvint enfin à l’orée du petit bois et il cria après Muse. Mais celle-ci ne répondait pas. Il la chercha, retrouvant l’empreinte de son corps sur la couche de mousse mais, il dut se rendre à l’évidence : Muse avait disparu. Comme un fou, il se mit à courir en tous sens, en hurlant le nom de son amie. Mais, nulle réponse à ses appels et aucune trace de la belle . Découragé et rongé d’inquiétude, il allait s’asseoir sur une grosse pierre posée là au bord du chemin quand il remarqua quelque chose qui brillait tout près. Il s’approcha et ne put retenir un cri : « le collier ! » Le collier qu’il avait caché sous une pierre, le matin même, ce collier magnifique avait maintenant une petite médaille en argent suspendue à son extrémité. Et, sur cette médaille, c’était le visage de Muse qui était gravé!
Pierrot la serra contre lui :
Typographie moderne
Pierrot,